L'affaire Satyam, "scandaleuse pour l'image de l'Inde".
Par Sandrine Chicaud le jeudi 29 janvier 2009 à 17:31
L'affaire Satyam a suscité de vives réactions chez les lecteurs de 01net. A l'image de cet internaute: " Je trouve scandaleux qu'un pays qui est censé vanter l'amour et la paix de Gandhi fasse une chose pareille derrière le dos des pauvres. Ceux qui dirigent ces SSII sont aussi avides d'argent que les gens d'ici".
Neuf mois après mon voyage de presse, organisé par Satyam, à Hyderabad, je ne peux que partager ce dégoût. Dès mes premiers pas en Inde, où je devais découvrir Hyderabad, la rivale de Bangalore, Silicon Valley indienne, j'avais bien compris que le voyage était parfaitement encadré avec visite du campus ultramoderne (zoo, plantes exotiques, salles de billard, fitness center, etc.).
Mais voyant aujourd'hui, l'ampleur du scandale Satyam, je ne peux m'empêcher de repenser à tous les efforts de cette SSII pour afficher haut et fort sa «responsabilité sociale», allant jusqu'à diffuser le tube de Michael Jackson, It is a better world (!), avant de nous présenter un film sur sa fondation!
J'avais terminé mon article en écrivant " Difficile, en quatre jours, de prendre du recul sur les discours bien rodés de Satyam", ne soupçonnant pas le scandale à venir. Aujourd'hui, je pense à tous ces Indiens qui ont cru, en intégrant Satyam, accéder à un statut social, et pour certains, à un rêve...





03:04 saritttta - 
Commentaires
Il suffit de suivre un peu l'actualité de la péninsule indienne pour comprendre que ce pays très complexe n’a jamais eu pour vocation de représenter un idéal particulier et probablement pas de la paix et l’amour. Attentats, corruption, profondes inégalités sociales, ségrégation de la femme, infanticide féminin, le tableau pourrait être noirci à volonté. Donc se scandaliser à propos de la méconduite des dirigeants de Satyam, car c’est bien seulement de ceux-là qu’il faut parler, me semble finalement désuet.
Les employés de Satyam comme ceux de tout le secteur IT n’ont pas « cru » accéder à un statut social, ils l’ont réellement atteint et quelque soit la suite, c’est un acquis. Je ne les plaindrai pas, car dans ce pays aux inégalités criantes, les informaticiens ont contribué tout autant à élever le niveau qu’à amplifier le fossé avec les plus défavorisés et générer une inflation, notamment immobilière, impossible à suivre pour les plus faibles.
Pour envoyer le balancier dans le sens inverse, je trouve au contraire au travers de cette affaire des points positifs. La réaction très vive et rapide du gouvernement qui sans complaisance a pris les choses en mains. L’attitude des concurrents indiens qui se sont abstenus de tirer sur l’ambulance. Verrait-on les mêmes choses chez nous ?
Depuis un an avec les crises de la roupie trop forte, du ralentissement aux Etats-Unis, l’industrie informatique indienne poursuit une phase d’assainissement. Il manquait le volet financier, aucun doute que l’exemple Satyam va accélérer le mouvement.
(début de citation)je ne peux m'empêcher de repenser à tous les efforts de cette SSII pour afficher haut et fort sa «responsabilité sociale», allant jusqu'à diffuser le tube de Michael Jackson, It is a better world (!), avant de nous présenter un film sur sa fondation! (fin de citation)
Franchement il n'y a pas besoin d'aller aussi loin pour constater ce type d'abus. L'immense majorité des SSIIs françaises ont le même type de politique e.g; site web vantant la responsabilité sociale, le savoir faire, etc... de l'entreprise, opérations de recrutement ludique sur facebook opposés à la réalité des pratiques manageuriales, et des détournements divers - voir les affaires GFI, Altran et autres. Pourquoi ouvrir de grands yeux étonnés lorsque d'autres pays réagissent exactement de la même manière?