Notre récent article sur la réforme du temps de travail chez Capgemini a suscité quelques réactions intéressantes. Notamment celle de Foon qui met le doigt sur la difficulté de poser ses RTT : "De toutes façons, quand on finit par être obligé de travailler 39 heures par semaine (pour un contrat de 35 heures) et qu'on se retrouve avec plein de RTT, on ne peut pas les prendre, vu qu'il n'est pas possible (ou presque) de prendre plus deux jours d'affilée. Et allez dire au client chez qui vous bossez que pendant les quatre prochains mois vous prendrez deux jours de RTT par semaine ... ".
On imagine en effet aisément que dans certains contextes d’entreprise (projets difficiles, clients exigeants, retards de livraison de version, etc.), les consultants soient soumis à de fortes pressions qui les empêchent de poser des jours de repos.
Autre réaction intéressante, celle de Ssii, pour qui la marge des SSII est directement liée au nombre de jours facturés que ses ingénieurs passent chez les clients : "Faites le calcul, 10 jours de facturation en plus, c'est pour une SSII 300x10=3000 € de bénéfice de plus par personne". Vu sous cet angle, il est évident que les SSII auraient tout intérêt à racheter les jours de RTT.
Cela dit, actuellement il est relativement peu probable que cette réforme change la donne en profondeur en matière de RTT dans les sociétés de services informatiques. Pour la bonne et simple raison, que la concurrence est rude. Les SSII ont du mal à remplir leurs effectifs sur le marché du travail et le nombre de jours de RTT devrait peser dans la balance lors de l'entretien d'embauche. C’est d’ailleurs ce que souligne Zebra777 dans une charge virulente contre la SSII française : "C'est avec des politiques comme cela que l'on ira surtout pas se faire embaucher chez Cap. Déjà qu’ils payaient mal... ".
Mais pourra-t-on en dire autant dans quelques années, si la conjoncture devient moins favorable aux informaticiens ?





03:04 saritttta - 